Jérôme Ballet : UMR CNRS 5319 Passages, Université de Bordeaux,
Augendra Bhukuth : IESEG Business school, Paris,
Nirina B. Rabevohitra UMI Source, Université de Versailles Saint Quentin, bnirabevohitra@gmail.com
Résumé : Nous analysons la situation des enfants confiés pour motif de scolarisation à Madagascar. Notre analyse permet de conclure que le motif de placement est relativement respecté et que le confiage pour scolarisation révèle dans ce pays qu’il s’agit d’un moyen important de rescolariser des enfants qui ne l’étaient plus. Avec un effet globalement positif sur la scolarisation des enfants. Les enfants confiés pour motif de scolarisation n’apparaissent, de plus, pas en situation plus difficile que les enfants non confiés scolarisés en ce qui concerne l’exercice d’une activité économique et les tâches domestiques qu’ils doivent assumer.
Mots-clés : confiage, scolarisation, Madagascar
Abstract : We analyse the situation of children fostered for schooling purposes in Madagascar. Our analysis leads us to conclude that the reason for fostering is relatively respected. Furthermore, fosterage for schooling purposes in this country is an important means of getting children back into school. The overall effect on children’s school enrolment is positive. Moreover, children fostered for schooling do not appear to be in a more difficult situation than enrolled children not fostered in terms of economic activity and the domestic tasks they have to perform.
Keywords : Fosterage, Schooling, Madagascar
Introduction
Le confiage des enfants n’est pas une pratique sociale nouvelle, elle existe de longue date, notamment en Afrique sub-saharienne, soit pour des raisons de rééquilibrage familial, soit dans la perspective de soutien financier (Isiugo-Ibanihe, 1985 ; Page, 1989 ; Ainsworth, 1996 ; Alber, 2018 ; Nyambedha et Aagaard-Hansen, 2023). Dans le contexte africain, l’enfant n’est pas seulement celui de ses parents biologiques, mais aussi celui de la famille élargie (Bawa Kuyini et al., 2009). Le confiage se définit comme la délégation des rôles parentaux à d’autres personnes que les parents biologiques (Vandermeersch, 2002). Ainsi, bien que le critère de résidence ne soit pas toujours très clair (Pilon, 2003)[1], un enfant est dit confié s’il n’habite pas avec ses parents biologiques. Les adultes qui accueillent l’enfant sont généralement des membres de la famille (oncle, tante, etc.) parfois éloignée (cousin éloigné, etc.) (Gibbison et Paul, 2005 ; Bawa Kuyini et al., 2009).
À partir des années 1980, les crises économiques qui ont affecté les pays en développement et les mesures d’ajustement structurel qui ont renchéri le coût de l’éducation, ont affecté la pratique du confiage en réduisant les solidarités familiales (Lange, 1993 ; Courade, 1994 ; Guillaume et al., 1997). La nucléarisation des familles a en particulier favorisé l’accueil d’enfants confiés sous condition de compensation. Cette compensation prend la plupart du temps la forme d’activités économiques et domestiques réalisées par les enfants accueillis. De ce fait, la situation scolaire des enfants confiés est en question. À Madagascar, la pauvreté en milieu rurale est un des raisons principales qui pousse au confiage des enfants pour scolarisation (Rakoto-Tiana, 2011), tandis que la montée de la pauvreté en milieu urbain a, de fait, exercé une pression sur la volonté de scolariser les enfants dont l’aide dans les tâches ménagères ou l’activité économique des parents s’avère utile (Deleigne et Miauton, 2001).
Comme le souligne Pilon (2003), la relation entre confiage et scolarisation est en fait très ambivalente. D’une part, pour analyser la relation entre confiage et scolarisation il faut s’intéresser au motif du confiage. Dans certains cas, les enfants sont confiés pour être scolarisés, tandis que dans d’autres cas les motifs de confiage sont différents. Ensuite, même si les enfants sont placés pour motif de scolarisation, leur scolarisation réelle est discutable du fait de la charge de travail qu’ils doivent assumer en compensation de leur confiage. Un effet Cendrillon (Zimmerman, 2002) selon lequel les enfants confiés tendent plus à travailler qu’à aller à l’école peut exister.
Selon Pilon (2003), l’enquête menée par le Réseau d’Enquêtes sur les Migrations et l’Urbanisation (REMUOA, 1993) dans sept pays africains (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal) permettait de faire ressortir, qu’en milieu rural, les enfants confiés présentaient un taux de scolarisation plus élevé que les enfants des chefs de ménage, ce qui indiquait clairement une tendance au confiage pour motif de scolarisation. En revanche, en milieu urbain, les enfants résidant sans leurs parents présentaient des taux de scolarisation plus faibles que les enfants des chefs de ménages, ce qui peut signifier soit que le confiage en milieu urbain se réalisait pour d’autres motifs que la scolarisation, soit que le motif du confiage restait la scolarisation mais qu’il n’était pas respecté. D’autres études ont confirmé le même type de résultat (Antoine et Guillaume, 1986 ; Ainsworth, 1992 ; Lloyd et Gage-Brandon, 1993 ; Marcoux, 1994 ; Pilon, 1995 ; Vandermeersch, 2000 ; Cudjoe et al., 2021 ; Leonard et al., 2022).
Pour établir l’effet du confiage sur la scolarisation, il semble donc important de différencier les motifs de confiage. Notre article se concentre sur les enfants confiés pour motif de scolarisation à Madagascar. Ce motif de confiage ne garantit pas que la scolarisation sera effective, ou que la charge de travail que doivent supporter les enfants en compensation de leur confiage soit compatible avec la poursuite de la scolarisation. L’effet Cendrillon peut l’emporter. Cet article ne tente donc pas d’établir statistiquement une relation entre confiage et scolarisation au sens général, mais se focalise uniquement sur des enfants qui ont été confiés pour motif de scolarisation. Il vise donc à établir, d’une part si ces enfants sont bien scolarisés, d’autre part les charges que doivent assumer ces enfants en contrepartie de leur confiage.
Notre analyse est basée sur des données issues de l’Enquête Nationale sur le Travail des Enfants réalisée en 2007. Il s’agit d’une enquête nationale réalisée par échantillonnage auprès de 8136 ménages répartis dans 462 localités du pays. Les ménages et localités ont été choisis de manière aléatoire, avec une précision des indicateurs de proportion au niveau national de 1.07%. Les principaux résultats de cette enquête ont été publiés par l’INSTAT (2008). L’enquête interroge l’emploi du temps des parents et des enfants et, de fait, le travail des enfants, qu’il s’agisse du travail domestique ou d’un travail rémunéré ou encore d’une aide dans l’activité économique du ménage. Cette enquête identifie le lien de parenté entre enfants et adultes du ménage, de sorte qu’il est possible de répertorier les enfants qui résident sans leurs parents, et peuvent donc être considérés comme confiés. Par ailleurs, l’enquête comporte un volet spécifique sur le confiage. Pour les enfants qui ne résident pas chez leurs parents biologiques, le motif du confiage est identifié (l’enfant a t’il été placé dans le ménage d’accueil pour poursuivre sa scolarité, pour travailler ?, etc.). Cette enquête est certes désormais ancienne, mais n’a pas été renouvelée de manière équivalente depuis. En particulier, le volet spécifique sur le confiage ne se retrouve pas dans les bases de données ultérieures. À partir des données de cette enquête, nous avons pu répertorier 604 enfants ne résidant pas chez leurs parents et ayant été placés dans le foyer pour motif de scolarisation. Nous avons laissé de côté les autres motifs de confiage. Notre analyse porte donc sur ces 604 enfants.
Dans une première section, nous analysons l’effectivité de la scolarisation de ces enfants. Dans une seconde section, nous étudions la proportion et les formes d’activités économiques non domestiques auxquelles les enfants sont contraints en compensation de leur confiage. Dans une troisième section, nous analysons cette fois les contraintes qu’ils supportent en termes d’activités domestiques dans le ménage d’accueil. Enfin, nous concluons sur la situation de ces enfants et sur les limites de cette étude.
I/ La scolarisation des enfants confiés pour motif de scolarisation.
Comme indiqué précédemment, les données de l’Enquête Nationale sur le Travail des Enfants de 2007 nous ont permis d’identifier 604 enfants confiés pour motif de scolarisation. Ils représentent 39% des enfants confiés. Il s’agit d’enfants de 5 à 17 ans, avec un âge moyen de 11,3 ans (et un âge médian de 12 ans)[2]. Ces 604 enfants se répartissent en 324 garçons et 280 filles. Il apparaît (table 1) que 88% des enfants ainsi confiés sont effectivement scolarisés, et qu’il n’y a pas de ce point de vue de différence entre les garçons et les filles. Comme le souligne Pilon (2003), il est important de pouvoir différencier, parmi les enfants confiés pour motif de scolarisation, ceux qui étaient ou n’étaient pas scolarisés avant leur confiage, ce que les études ne permettent généralement pas. Les données de l’enquête permettent d’obtenir ce résultat. Ainsi, nous pouvons constater que si une majorité d’enfants était antérieurement scolarisée (58%), une part non négligeable ne l’était pas (table 2) et parmi ces derniers une part non négligeable ne faisait rien (ni étude, ni travail), soit 16% du total des enfants confiés. Notons, de plus, que globalement, la situation antérieure au placement n’affecte pas significativement le fait que l’enfant soit réellement scolarisé ou non après confiage. Il semble donc que, d’une part le confiage pour motif de scolarisation soit globalement respecté, d’autre part que le confiage pour motif de scolarisation soit un élément important du processus de re-scolarisation d’enfants qui n’étaient plus scolarisés.
Table 1. Taux de scolarisation effective des enfants (5-17 ans) confiés pour motif de scolarisation*
| Effectif total | Individus scolarisés | % | |
| Garçons | 324 | 284 | 88% |
| Filles | 280 | 247 | 88% |
| Ensemble | 604 | 531 | 88% |
*Par taux de scolarisation nous entendons simplement le fait d’être ou non scolarisé, indépendamment du nombre d’heures d’assiduité à l’école. Information qui n’est pas disponible dans l’enquête.
Table 2. Répartition des enfants selon les activités antérieures et l’actuel accès à l’éducation
| Scolarisation | Pourcentage | |||
| Activités antérieures | Oui | Non | Oui | Non |
| Elève uniquement | 352 | 19 | 58% | 3% |
| Travailler et étudier | 42 | 7 | 7% | 1% |
| Travailler uniquement | 7 | 3 | 1% | 0% |
| Ni travailler ni étudier | 98 | 34 | 16% | 6% |
| Tâches ménagères au sein de son propre ménage | 12 | 6 | 2% | 1% |
| Autres | 11 | 2 | 2% | 0% |
| Sans information | 9 | 2 | 1% | 0% |
| Total | 531 | 73 | 88% | 12% |
Afin de compléter ces premiers résultats, nous avons procédé à une estimation des facteurs déterminants de la scolarisation à partir d’un modèle probit (table 3) dans lequel la variable dépendante est la scolarisation (ou non) et les variables explicatives sont des variables de caractéristiques de l’enfant (âge, sexe, orphelin[3] ou non), des variables de caractéristiques socio-démographiques du ménages d’accueil (la taille du ménage, le fait que le ménage soit dirigé par une femme, l’âge du chef de ménage, le niveau d’éducation du chef de ménage, le milieu de résidence du ménage, le fait que dans le ménage le chef de ménage ou son épouse soit agriculteur).
Les résultats de l’estimation indiquent que l’âge de l’enfant est une variable significative et positive, autrement dit la probabilité d’être scolarisé croît avec l’âge. Ces résultats corroborent les résultats d’études précédentes sur les migrations scolaires. Ainsi, Pilon (2003) soulignait qu’au Burkina Faso, les migrations scolaires croissent avec le niveau d’enseignement. Plus on avance dans le cycle des études, plus on trouve des enfants qui ne sont pas des enfants du chef de ménage au sein du ménage. Ce résultat est lié en bonne partie à la localisation des établissements scolaires. Avec l’avancement dans le cycle des études, les établissements scolaires sont de plus en plus regroupés dans les centres urbains, loin du milieu rural, un fait aussi à Madagascar (Rakotozafindrasambo, 2022). Si l’âge des enfants constitue une bonne variable indicative sur le niveau de scolarisation, alors nous retrouvons ce résultat.
Table 3. Estimation des variables explicatives dans le fait d’être scolarisé au moment de l’enquête
| Variable dépendante : être scolarisé au moment de l’enquête Spécification : probit | ||
| Age | 0,146*** | (0,022) |
| Sexe | 0,032 | (0,148) |
| Orphelin | -0,044 | (0,427) |
| Taille du ménage d’accueil | -0,029 | (0,028) |
| Ménage d’accueil dirigé par une femme | 0,278 | (0,183) |
| Age du chef de ménage d’accueil | -0,003 | (0,004) |
| Années de scolarité du chef de ménage d’accueil | 0,027 | (0,017) |
| Chef de ménage agriculteur | -0,110 | (0,223) |
| Epouse du chef de ménage agriculteur | -0,240 | (0,227) |
| Milieu de résidence rural | -0,087 | (0,157) |
| Constante | -0,087 | (0,472) |
*** significatif à 1%, ** significatif à 5%, *significatif à 10% Std. Error entre parenthèses
Toutes les autres variables ne sont pas significatives. Ainsi, on aurait pu s’attendre à ce que la scolarisation augmente aussi avec le niveau de scolarité du chef de ménage d’accueil. Il serait en effet d’autant plus aisé au chef de ménage d’accueil de suivre l’enfant que celui-ci aura un niveau de scolarisation élevé[4]. Mais si nous avons bien un signe de la relation corroborant cette hypothèse, la variable n’est néanmoins pas significative.
Pilon (1995) avait souligné, dans le cas du Togo, que l’accueil d’enfant était plus fréquent dans des ménages dirigés par des femmes que dans ceux dirigés par des hommes. Ce résultat serait lié au fait que les ménages qui sont dirigés par des femmes (seules) nécessite une main d’œuvre complémentaire pour effectuer les tâches domestiques dont les femmes ne peuvent se charger, ce qui compromet finalement la scolarisation des enfants accueillis. Cependant, dans le cas de Madagascar, nos estimations ne confirment pas ce résultat. Le signe de la relation est même plutôt inverse bien qu’elle ne soit pas significative.
Enfin, le fait d’être dans un ménage situé en milieu rural, et/ou avec des adultes exerçant l’agriculture comme activité principale n’exerce pas d’influence significative sur le fait d’être scolarisé, bien que le signe des variables soit systématiquement négatif.
II/ Activités économiques non domestiques des enfants confiés pour scolarisation.
Les données d’enquête nous permettent également de connaître les activités économiques exercées par les enfants confiés pour motif de scolarisation. En effet, comme mentionné dans l’introduction, l’enquête contient une partie sur l’emploi du temps des enfants. Il s’agit ici d’évaluer dans quelle mesure ces enfants supportent également une charge d’activité économique en plus de leur scolarité. Nous nous concentrons pour l’instant sur les activités économiques non domestiques. Dans l’enquête, les activités économiques non domestiques sont des activités réalisées en dehors du foyer avec une finalité économique marchande. Les activités domestiques sont celles qui n’ont pas de finalité économique marchande.
Sur les 604 enfants, 81 exercent une activité économique à titre principal (table 4), soit 13% des enfants confiés. Par activité principale, il faut comprendre l’activité qui occupe principalement l’enfant en dehors de sa scolarisation. Lors de l’enquête, l’activité économique principale est dissociée des autres activités qui sont généralement de moindre ampleur. Il n’y a pas de différences significatives entre les garçons et les filles. Les activités exercées concernent principalement des activités agricoles (agriculture ou élevage), mais également le fait d’aller chercher de l’eau ou l’aide dans les petits commerces (table 5). Le fait d’aller chercher de l’eau est à la fois une activité économique à finalité marchande quand l’eau sert au processus de production (ce qui est le cas dans les activités agricoles mais aussi certaines activités de production d’autres secteurs), et une activité domestique. Dans la mesure où elle est déclarée dans l’enquête comme une activité économique principale, nous l’avons retenue dans notre analyse des activités économiques non domestiques[5]. En effet, contrairement à d’autres tâches domestiques qui sont réalisées dans le foyer, le fait d’aller chercher de l’eau nécessite de se rendre dans le point de collecte et d’y faire la queue. Le temps consacré à cette activité peut alors prendre plusieurs heures par jour. Raison pour laquelle les enquêtes séparent parfois cette activité des autres tâches domestiques. Enfin, pour les enfants exerçant une activité économique principale, la durée moyenne de cette activité est de 2.47 heures par jour et il n’y a pas de différences dans la durée moyenne entre les garçons et les filles. Le temps médian d’activité par jour est de 2h. L’Enquête Nationale sur le Travail des Enfants (INSTAT, 2008) soulignait que le temps moyen d’activité économique des enfants scolarisés par jour est 2.34h et le temps médian de 1.71h. Le temps d’activité économique pour les enfants non scolarisés est lui beaucoup plus élevé soit en moyenne 4.9h par jour et un temps médian de 5h par jour. De ce point de vue, les enfants confiés pour motif de scolarisation sont assez proches de l’ensemble des enfants scolarisés qui ont une activité économique. Au total, de manière générale, les enfants confiés pour motif de scolarisation ne semblent pas désavantagés par rapport aux autres enfants.
Table 4. Pratique d’une activité économique principale
| Effectif total | Activité principale | % | |
| Garçons | 324 | 44 | 14% |
| Filles | 280 | 37 | 13% |
| Ensemble | 604 | 81 | 13% |
Table 5. Types d’activités économiques selon le genre
| Activités | Garçons | Filles | Ensemble | garçons (%) | filles (%) | Ensemble (%) |
| Agriculture/élevage | 33 | 30 | 63 | 75% | 81% | 78% |
| Chercher de l’eau | 3 | 3 | 6 | 7% | 8% | 7% |
| Petits commerces | 8 | 4 | 12 | 18% | 11% | 15% |
| Total | 44 | 37 | 81 | 100 | 100 | 100 |
Comme précédemment, afin d’affiner ces résultats, nous avons procédé à une estimation des facteurs déterminants de l’activité économique principale à partir d’un modèle probit utilisant les mêmes variables explicatives (table 6) et auxquelles nous avons ajouté la variable de scolarisation (être scolarisé).
Nous retrouvons dans cette estimation la même variable significative que dans l’estimation précédente (cf. table 3), soit l’âge de l’enfant. Nous constatons que l’âge de l’enfant est significatif et de relation positive, ce qui indique que plus l’enfant est âgé plus il a de chances d’exercer une activité économique principale. Mis en parallèle avec le résultat des estimations sur la scolarisation (table 3), il apparaît donc que l’âge est déterminant à la fois de la scolarisation et du travail. Quand l’âge augmente, les enfants confiés ont donc de plus en plus de chances de cumuler scolarité et travail. De manière générale, ceci n’exclut pas que le fait d’être scolarisé diminue la probabilité d’avoir une activité économique principale (variable significative et de signe négatif). Notons toutefois que 13% des enfants confiés cumulent étude et travail. Ce résultat est similaire à celui plus général de l’Enquête Nationale sur le Travail des Enfants (INSTAT, 2008) qui indique que 12,9% des enfants entre 5 et 17 ans cumulent étude et travail. Les enfants confiés ne sont donc pas, de ce point de vue, dans une moins bonne position, ni une meilleure que l’ensemble des enfants.
Par ailleurs, le niveau de scolarisation du chef de ménage entretient une relation significative mais négative avec la probabilité d’exercer une activité. Ce résultat plaide en faveur de l’idée que le niveau de scolarisation du chef de ménage pourrait jouer sur la sensibilisation à l’importance de la scolarisation, ce qui, toutes choses égales par ailleurs, le conduirait à privilégier la scolarisation des enfants confiés au fait de les faire travailler. Par rapport à l’estimation précédente (table 3) où cette variable était bien de signe attendu mais non significative, ce nouveau résultat renforce l’hypothèse du rôle du niveau de scolarisation du chef de ménage d’accueil sur la situation des enfants.
Enfin, la taille du ménage d’accueil et le milieu de résidence rural accroissent la probabilité de travailler pour les enfants confiés. Ce résultat confirme le fait que le coût de scolarisation étant plus élevé quand le nombre d’enfants du ménage augmente, l’accueil d’un enfant en plus nécessite d’autant plus une compensation. De même, en milieu rural, le besoin d’une main d’œuvre pour les travaux des champs ou pour surveiller les animaux peut expliquer que les enfants confiés cumulent à la fois activité économique principale et scolarisation.
Table 6. Estimation des variables explicatives du travail des enfants confiés pour scolarisation
| Variable dépendante : avoir une activité économique Spécification : probit | ||
| Scolarisé | -0,516** | (0,205) |
| Age | 0,080*** | (0,022) |
| Sexe | 0,003 | (0,138) |
| Orphelin | 0,452 | (0,318) |
| Taille du ménage d’accueil | 0,048* | (0,026) |
| Ménage d’accueil dirigé par une femme | -0,105 | (0,163) |
| Age du chef de ménage d’accueil | -0,007 | (0,004) |
| Années de scolarisation du chef de ménage d’accueil | -0,046*** | (0,016) |
| Chef de ménage agriculteur | 0,020 | (0,195) |
| Epouse du chef de ménage agriculteur | 0,153 | (0,200) |
| Milieu de résidence rural | 0,610*** | (0,148) |
| Constante | -1,642 | (0,467) |
| Observations : 604 LR chi2 (11) : 53,93 Prob>chi2 : 0 Pseudo R2 : 0,1133 | ||
*** significatif à 1%, ** significatif à 5%, *significatif à 10% Std. Error entre parenthèses
III/ Activités domestiques des enfants confiés pour scolarisation.
Comme pour les activités économiques non domestiques, nous analysons la situation des enfants confiés pour motif de scolarisation au regard des activités domestiques. Là encore, l’enquête fournit des précisions sur le type d’activité et la durée. Il apparaît que la durée moyenne journalière des tâches domestiques effectuées par les enfants confiés est de 1.5 heures, avec une moyenne légèrement supérieure pour les filles (1.57h/j) que pour les garçons (1.47h/j). Cependant, au-delà de la moyenne, des différences importantes apparaissent entre les enfants, certains effectuant une seule tâche domestique et d’autres en cumulant de nombreuses (table 7). 57% des enfants confiés effectuent 4 tâches domestiques au moins, avec une proportion plus marquée chez les filles que chez les garçons (table 8). Or évidemment, le temps consacré aux tâches domestiques est nettement supérieur pour les enfants effectuant au moins quatre tâches, soit une durée moyenne de 1.74h par jour et un temps médian de 1.71h par jour pour ceux qui effectuent 4 tâches ou plus, contre une durée moyenne de 1.1h par jour et un temps médian de 1h par jour pour ceux qui effectuent moins de quatre tâches domestiques. L’Enquête Nationale sur le Travail des Enfants (INSTAT, 2008) soulignait à cet égard que les enfants scolarisés effectuaient en moyenne 1.37h par jour de tâches domestiques, avec un temps médian de 1h par jour. Les enfants confiés pour motif de scolarisation se trouvent donc en moyenne dans une situation assez proche des enfants scolarisés dans leur ensemble, même si une part non négligeable (ceux qui effectuent quatre tâches domestiques ou plus sont désavantagés par rapport à l’ensemble des enfants).
Notons toutefois que l’Enquête Nationale sur le Travail des Enfants indiquait que, parmi les enfants scolarisés, il n’y a pas de différences significatives entre les filles et les garçons dans leur ensemble (soit respectivement une moyenne journalière de 1.3h pour les garçons et 1.4h pour les filles, et un temps médian de 1h pour les garçons comme pour les filles). Nos résultats soulignent malgré tout que les filles, plus que les garçons, cumulent au moins quatre tâches domestiques. Les filles confiées supportent donc un léger désavantage par rapport aux filles scolarisées dans leur ensemble.
Table 7. Répartition des enfants selon le genre et le nombre d’activités domestiques assurées
| Nombre activités | Garçons en % | Filles en % | Ensemble en % |
| 0 | 12,65 | 6,79 | 9,93 |
| 1 | 9,88 | 6,79 | 8,44 |
| 2 | 14,51 | 7,5 | 11,26 |
| 3 | 12,65 | 13,57 | 13,08 |
| 4 | 13,27 | 15,71 | 14,4 |
| 5 | 17,28 | 22,5 | 19,7 |
| 6 | 13,58 | 17,86 | 15,56 |
| 7 | 6,17 | 9,29 | 7,62 |
| Total | 100 | 100 | 100 |
Table 8. Proportion des enfants se chargeant d’au moins 4 tâches ménagères
| Effectif total | 4 tâches et plus | ||
| Garçons | 324 | 163 | 50% |
| Filles | 280 | 183 | 65% |
| Ensemble | 604 | 346 | 57% |
Ces résultats confirment ceux d’études antérieures soulignant que le confiage des filles est, plus encore que celui des garçons, conditionné par une compensation par des activités domestiques (Pilon, 1995 ; Guillaume et al., 1997 ; Shapiro et Tombashe, 2001).
Enfin, comme précédemment, nous avons procédé à une estimation des facteurs déterminants de l’activité domestique, mais en considérant comme variable dépendante le fait d’avoir à assumer quatre tâches domestiques ou plus, à partir d’un modèle probit utilisant les mêmes variables explicatives (table 9) que le modèle d’estimation précédent, auxquelles nous avons ajouté le fait d’exercer une activité économique non domestique.
Table 9. Estimation des variables explicatives du fait d’avoir au moins 4 activités domestiques à la fois
| Variable dépendante : assumer 4 tâches domestiques ou plus Spécification : probit | ||
| Avoir une activité principale non domestique | 1,054** | (0,505) |
| Etre scolarisé | -0,005 | (0,191) |
| Age | 0,182*** | (0,0198) |
| Sexe | -0,499*** | (0,116) |
| Taille du ménage d’accueil | -0,057*** | (0,022) |
| Orphelin | 0,565* | (0,298) |
| Ménage d’accueil dirigé par une femme | -0,49 | (0,132) |
| Age du chef de ménage d’accueil | -0,012*** | (0,003) |
| Années de scolarisation du chef de ménage d’accueil | -0,046*** | (0,013) |
| Chef de ménage agriculteur | 0,028 | (0,162) |
| Epouse du chef de ménage agriculteur | 0,182 | (0,162) |
| Milieu de résidence rural | 0,202 | (0,131) |
| Constante | -1,583 | (0,614) |
| Observations : 604 LR chi2(12) : 178,9 Prob>chi2 : 0 Pseudo R2 : 0,217 | ||
*** significatif à 1%, ** significatif à 5%, *significatif à 10% Std. Error entre parenthèses
Le sexe est évidemment une variable significative. Le fait d’être un garçon réduit la probabilité d’exercer quatre ou plus tâches domestiques. L’âge est également une variable significative. Plus l’enfant est âgé, plus la probabilité d’avoir à assumer au moins quatre tâches domestiques est forte. Par contre, si nous avions souligné (table 6) que la taille du ménage d’accueil augmentait la probabilité que l’enfant travaille, concernant les tâches domestiques, la taille du ménage s’avère une variable significative de relation négative. Quand la taille du ménage croît, la probabilité d’effectuer quatre tâches domestiques ou plus diminue. Ce résultat n’est évidemment pas surprenant dans la mesure où quand le ménage croît, le nombre d’enfants pouvant se charger des tâches domestiques est plus grand. De même, l’âge du chef de ménage agit négativement sur la probabilité d’effectuer au moins quatre tâches domestiques. Nous pouvons comprendre ce résultat par le fait que dans les ménages où les chefs de ménage sont les plus âgés, ceux-ci peuvent en partie s’occuper de certaines tâches domestiques en raison de l’activité réduite ou l’absence d’activité qu’ils ont. Enfin, comme précédemment, le niveau de scolarité du chef de ménage joue négativement sur l’accumulation de tâches domestiques. L’interprétation qui peut être faite de ce résultat est la même que pour les activités économiques non domestiques.
En revanche, le fait d’être scolarisé ne joue pas de manière significative sur la probabilité d’exercer quatre tâches domestique ou plus. De même, le fait de résider en milieu rural n’est pas significatif cette fois, contrairement à l’estimation précédente (table 6).
Notons également deux résultats supplémentaires par rapport aux estimations précédentes. D’une part, le fait d’exercer une activité principale non domestique accroît la probabilité d’exercer aussi au moins quatre tâches domestiques. Ce qui pourrait souligner qu’une proportion d’enfants confiés, même faible, pourrait cumuler une activité économique principale et de nombreuses tâches domestiques, ce qui réduit évidemment leur capacité à suivre une scolarité. D’autre part, le fait d’être orphelin apparaît ici significatif ; les orphelins cumuleraient plus que les autres au moins quatre tâches domestiques. Ce résultat souligne que si globalement, en termes de scolarisation, comme d’activité économique principale, les orphelins ne sont pas désavantagés par rapport aux autres enfants, ils le sont en cumulant plus que les autres de nombreuses tâches domestiques. L’effet Cendrillon jouerait donc.
Enfin, Boursin (2002) et Pilon (2003) soulignaient que l’accès au marché du travail des femmes avait pour corollaire l’exploitation d’une main d’œuvre enfantine destinée à assumer les tâches domestiques. De fait, les ménages dirigés par des femmes devraient donc, toutes choses égales par ailleurs, être ceux dans lesquels les enfants confiés sont le plus exploités pour les tâches domestiques. Nos résultats ne confirment par cette hypothèse dans le cas de Madagascar. Au contraire, bien qu’il y ait absence de significativité, la relation paraît inverse, les ménages dirigés par des femmes pourraient moins exploiter les enfants confiés que les autres. L’interprétation de ce résultat est délicate. Mais on peut toutefois supposer que les femmes sont plus altruistes (Simmons et Emanuele, 2007 ; Rand et al., 2016), ce qui peut se traduire dans notre cas par une sensibilité plus forte à l’éducation des enfants qu’elles accueillent. Des travaux antérieurs sur plusieurs pays d’Afrique sub-saharienne ont, en effet, souligné que les enfants appartenant à des ménages dirigés par des femmes sont plus scolarisés et poursuivent plus leurs études que ceux issus de ménages dirigés par des hommes (Lloyd et Blanc, 1996).
Conclusion.
Dans le cas de Madagascar, les enfants confiés pour motif de scolarisation sont globalement scolarisés. Le motif de placement est donc relativement respecté, même si 12% des enfants confiés ne sont pas scolarisés. Le confiage pour scolarisation révèle d’ailleurs dans ce pays qu’il s’agit d’un moyen important de rescolariser des enfants qui ne l’étaient plus. 142 enfants sur les 604, soit travaillaient uniquement, soit n’étaient plus scolarisés, ni ne travaillaient avant d’être confiés, soit 23% des enfants environ. Même si une telle comparaison est à prendre avec précaution, le confiage pour motif de scolarisation a donc plutôt un effet bénéfique sur la scolarisation puisque l’écart entre les non scolarisés effectivement et les rescolarisés est positif de 11%.
Bien sûr, les enfants confiés pour motif de scolarisation doivent assumer des activités domestiques ou non domestiques en échange de leur confiage. Mais nos résultats, en comparaison de ceux de l’Enquête Nationale sur le Travail des Enfants, soulignent que ces enfants ne sont finalement pas plus mal lotis que la moyenne des enfants à Madagascar.
Toutefois, parmi les enfants confiés, les filles sont un peu désavantagées par rapport aux garçons, du fait qu’elles sont proportionnellement plus nombreuses à devoir assumer au moins quatre tâches domestiques, ce qui grève leur temps d’étude. Par contre, au contraire d’études précédentes, nos résultats ne confirment pas que les filles subissent plutôt ce désavantage dans les ménages dirigés par des femmes.
Nos résultats présentent néanmoins une lacune. Les données dont nous disposions ne nous ont pas permis d’analyser le sens du confiage (rural vers urbain ou inverse, etc.). Elles nous ont simplement permis d’analyser le rôle du milieu de résidence actuel. Or des études antérieures (voir Pilon, 2003) soulignaient les divergences de situation des enfants confiés selon le sens du confiage. Enfin, nos données ne concernent que les enfants confiés pour motif de scolarisation. Nous ne pouvons donc pas en tirer de conclusion sur le confiage en général à Madagascar.
Présentation des auteurs :
Jérôme Ballet est enseignant-chercheur à l’université de Bordeaux. Ses recherches portent sur les questions d’éthique appliquée à l’économie, dont le travail et la pauvreté des enfants. Il a publié ou édité plus d’une vingtaine d’ouvrages, dont Freedom, responsibility and economics of the person (Routledge), et L’économie à l’épreuve de l’éthique (De Boeck supérieur).
Augendra Bhukuth est Professeur à l’IESEG et FACO PARIS. Il a auparavant travaillé en Inde et à l’île Maurice. Il a publié de nombreux articles sur le travail des enfants, les enfants des rues, et sur la pauvreté des enfants en général. Il a édité l’ouvrage Child exploitation in the global South en 2019 chez Palgrave Macmillan.
Nirina B. Rabevohitra est chargée d’études au sein du Réseau des Observatoires Ruraux de Madagascar. Elle poursuit un doctorat en sciences économiques sur les questions de vulnérabilité et sécurisation des conditions de vie des ménages ruraux à Madagascar au sein de l’UMI SOURCE à l’Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines. Elle a édité notamment l’ouvrage Madagascar dans la tourmente. Analyses socio-économiques de la crise en zones rurales (L’Harmattan).
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[1] En particulier parce qu’en cas de séparation des parents, le critère de résidence de la mère peut être utilisé comme référence alors que l’enfant se trouve chez son père.
[2] La scolarisation est obligatoire à Madagascar de 6 à 14 ans. Les études portant sur la scolarisation des enfants privilégient donc généralement cette tranche d’âge. Par ailleurs, le débat et la littérature sur le travail des enfants retiennent la tranche d’âges de 5-14 ans et s’interroge sur l’effet du travail sur la déscolarisation. Nous utilisons ici une tranche d’âges plus large. En effet, dans la mesure où les enfants concernés dans notre analyse sont confiés pour motif de scolarisation, certains pouvant être déscolarisés, exclure les enfants de plus de 14 ans aurait risqué de minimiser le rôle de la re-scolarisation dans le confiage, notamment pour les plus âgés.
[3] Ici ne sont considérés comme orphelins que les enfants pour lesquels les deux parents ne sont plus en vie.
[4] Et ce en dehors du fait que le niveau de scolarisation du chef de ménage peut aussi participer à la sensibilisation sur l’importance de la scolarité.
[5] Comme par ailleurs il s’agit de l’activité économique à titre principal la moins représentée, on peut penser que le fait de la considérer sous cet angle dans notre analyse n’a pas beaucoup d’incidence sur les résultats.
1 réflexion au sujet de “Les enfants confiés pour scolarisation à Madagascar : existe-t-il un effet Cendrillon ?”