Numéros

Numéro 39

Fanny DUTHIL, L’identité aborigène à travers les autobiographies de femmes aborigènes d’Australie.

Cet article examine la manière dont l’identité aborigène est abordée dans les autobiographies des femmes aborigènes d’Australie. Sur un plan temporel, les autobiographies englobent plusieurs générations d’auteurs.
Nées au début du vingtième siècle, certains auteurs ont subi de plein fouet la politique d’assimilation alors que d’autres auteurs, nées dans les années 1940, ont subi les conséquences de cette même politique. Cette politique a profondément transformé l’identité traditionnelle, rendant cette même identité complexe à plus d’un titre à tel point qu’il semble difficile aujourd’hui de donner une définition de l’Aborigène satisfaisante.

Claude RIVIERE, Évaluation des théories du sacrifice

Depuis les interprétations pionnières d’Edward B. Tylor, l’auteur de Primitive Culture (1871) jusqu’aux travaux plus contemporains de Claude Lévi-Strauss ou de René Girard, les auteurs n’ont cessé de construire des interprétations divergentes quant à l’origine du sacrifice (don intéressé aux esprits, ou survivance d’anciens meurtres ?) ou quant à ses fonctions (apaiser les fureurs des dieux, ou les remercier pour leurs bienfaits ?).
Chacune de ces théories, tout en prétendant à une validité générale, a été élaborée et argumentée en privilégiant les modèles culturels ou les contextes les plus familiers à son auteur.

Pierre ERNY, Le monde à part des Twa du Rwanda

Les Twa du Rwanda, communément classés parmi les populations pygmoïdes d’Afrique Centrale, présentent des traits physiques, sociaux et culturels qui ont justifié l’usage à leur propos des notions de race, d’ethnie et de caste. Méprisés et considérés comme inférieurs par les Tutsi et les Hutu, ils vivent à l’écart, disséminés en petits groupes familiaux, et s’adonnent les uns à la chasse et les autres à la poterie. Du temps de la royauté, ils étaient très présents à la cour pour différentes fonctions, en particulier celle de bourreau. Dans une société aux très fortes contraintes, le monde à part des Twa représente encore aujourd’hui un surprenant îlot de liberté.

Édith WEBER Chronique musicale

39-Abstracts

39-Résumés

Numéros

Numéro 37 – 38

Nada AFIOUNI, Entre passé et présent : la gestion de la pluralité culturelle dans les politiques éducatives en Grande-Bretagne

Saâdia ELHARIRI, Les relations mères-filles en migration : le cas des Marocaines installées à Gennevilliers 

Franck SANSELME, Destins de migrants et constitution du sujet 

Juliette SMÉRALDA, Les canons de la beauté associés à la couleur de la peau et à la texture du cheveu

Bruno MALLARD, Les micro-entreprises populaires au Chili : au-delà de l’ »économique »?

Édith WEBER, Chronique musicale

 

Numéros

Numéro 36

Bruno LECOQUIERRE, Le Sahara, terre mythique d’exploration.

Les déserts, et parmi ceux-ci tout particulièrement le Sahara, véhiculent un certain nombre de représentations et de « valeurs » qui attirent d’autant plus nos contemporains que leur mode de vie en est éloigné. La démonstration en a été faite, s’il en était besoin, à la suite de la mort de Théodore Monod, en novembre 2000. On a oublié que ce naturaliste-voyageur avait parcouru presque anonymement le désert pendant plus de 65 ans avant qu’une émission de télévision le fasse découvrir au grand public en 1989.
Le désert, produit phare des agences de voyage, est synonyme de liberté, simplicité, beauté, retour à l’essentiel. Ces représentations s’appuient sur un milieu et des paysages exceptionnels mais aussi sur la figure et l’action de quelques voyageurs illustres tels Théodore Monod, Ernest Psichari, Charles de Foucauld, Henri Lhote, Isabelle Eberhardt ou Odette du Puygaudeau. La littérature a, elle aussi, magnifié le désert : Saint-Exupéry, Frison-Roche ou Le Clézio en sont les héros.
Le Sahara, terre incomparable d’exploration, a été le cadre d’un certain nombre de destinées exceptionnelles dont la réalité est pourtant souvent éloignée de l’image qui en est demeurée. L’objet de cet article pourrait ainsi consister à confronter le mythe et la réalité à travers l’évocation de quelques grandes figures sahariennes dont Théodore Monod était sans doute le dernier représentant.

Sandrine PRODHOMME, Les circulations historiques du guide: de l’ailleurs au voyageur.

Le terme guide qui est employé dès le 12 ème siècle désigne des objets, des textes et des usages différents selon les siècles, que les historiens regroupent en période classique et romantique. Le plagiat, l’actualisation et la réédition, l’accent mis sur les curiosités et le plaisir du voyageur puis du touriste sont des constantes. En revanche, les collections, la diversification des destinations et des formes de voyage, l’intérêt porté à l’intériorité du voyage, la codification de l’objet par les couleurs, la typographie ou les dimensions marquent l’entrée dans le guide romantique. S’inscrivant dans ces héritages textuels et matériels, les guides contemporains tendent à se soucier du voyageur plus que de l’ailleurs visité : nous sommes passés du guide préparant le voyageur à un ailleurs à découvrir au guide adaptant l’ailleurs au voyageur, censé savoir ce qu’il cherche.

Margalit COHEN-EMERIQUE, Les difficultés de la découverte et de la reconnaissance de l’identité du migrant chez les acteurs du social. Ses applications en formation professionnelle continue.

Dans le cadre de nos recherches-actions sur l’interaction des migrants avec les acteurs du social, de l’éducatif, du médico-social et de l’insertion professionnelle… chargés de leur intégration, nous nous sommes intéressés aux difficultés de ces professionnels à repérer les facteurs de contexte qui ont façonné l’identité de leur client dans sa complexité et ses multiples facettes et qui lui servent d’ancrage pour surmonter le déracinement et s’adapter au nouveau pays ; ces ancrages pouvant se manifester sous forme de repères réels ou de souvenirs fantasmés ou mythifiés. Est présenté ici un inventaire de ces difficultés à repérer tout ce qui donne sens aux conduites, aux besoins et aux demandes du client usager. Pour chacune d’elles, des pistes de formation sont proposées, afin de préparer à les dépasser, le but ultime étant pour ces professionnels d’accéder à une ouverture et à une meilleure compréhension de l’autre différent, et de là à une pratique plus adéquate.

Sabina STAN « Making Up People »: classifications étatiques, catégories locales et gestion des identités dans la collectivisation des campagnes roumaines.

L’analyse des transformations actuelles dans les pays de l’Europe de l’Est est appelée à répondre à deux impératifs de recherche : une meilleure connaissance du fonctionnement du socialisme, et une compréhension de la place de l’État dans les sociétés de ces pays. En donnant cours à cet appel, l’article se constitue dans une fouille
archéologique des mécanismes de construction de l’État durant la période socialiste, à travers une analyse du processus de collectivisation des terres en Roumanie. En faisant cela, il espère jeter une lumière nouvelle sur un moment particulier, et crucial, du processus de construction réciproque de l’État et des « gens » dans cette région du monde, et ainsi sur le « point de départ » d’un des processus actuels de réaménagement de leur interrelation, soit la décollectivisation.

Edith WEBER, Chronique musicale

36-abstracts

Numéros

Numéro 35

Elise VIGUIER, « De la culture au spectacle: le cas de la Maison des Cultures du Monde ».

Cécile DIARRA « Entretien sur la danse africaine »

Christophe ANNOOT, « Arts premiers, arts primitifs »

Gérard AUGUSTIN « L’approche du caché »

Maria TEIXEIRA, « Développements contemporains d’un culte de soins : le Kazara manjak (Guinée-Bissau, Sénégal) »

Madeleine BROCARD « Valoriser les recherches en sciences humaines et sociales – l’expérimentation du « local » ».

Edith WEBER, « Chronique musicale ».