Numéros

Numéros 47 – 48

Claude MALON, LA PLUS GRANDE FRANCE INTROUVABLE. RÉFLEXIONS SUR UNE APORIE DE L’IDENTITÉ NATIONALE EN PÉRIODE COLONIALE

La représentation de la « plus grande France » a émergé dans l’imaginaire colonial et national à partir du début du 20 e siècle, avec la deuxième période de l’Empire français, et a connu par la suite, et jusqu’à aujourd’hui, divers avatars. L’article se propose de la déconstruire en se plaçant dans la double perspective de l’histoire des représentations et des réflexions de la philosophie politique sur la notion de « peuple ». Il montre, au plan local du Havre puis au plan national, les apories de cette construction idéologique de « la plus grande France », qui prétendait faire fusionner dans une impossible entité ce qui était en réalité, d’un point de vue politique, un assemblage de populations dont seules certaines pouvaient se voir reconnaître le statut de « peuple » au sens d’une collectivité de citoyens.

Eric SAUNIER, LE HAVRE, LA TRAITE TRANSATLANTIQUE ET L’ESCLAVAGE : LA MÉMOIRE DIFFICILE D’UNE HISTOIRE NÉCESSAIRE

L’article analyse dans un premier temps les difficultés qui, au Havre plus encore que dans d’autres villes portuaires françaises, ont fait obstacle au travail de restitution d’une mémoire de la traite transatlantique et de l’esclavage. La deuxième partie du texte, qui témoigne des progrès accomplis ces dernières années dans ce domaine de recherches, fournit des indications précises quant à l’ampleur, aux étapes, aux caractéristiques, et à l’impact sociétal de la participation de la ville et du port du Havre au commerce triangulaire entre le 17e et le 19e siècle.

Pierre CHAUNU, LA LÉGENDE NOIRE ANTIHISPANIQUE : DES MARRANES AUX LUMIÈRES, DE LA MÉDITERRANÉE À L’AMÉRIQUE

Dans ce texte, publié en 1964 dans la Revue de psychologie des peuples, le regretté Pierre Chaunu proposait une analyse de la légende noire antihispanique qui s’est diffusée en Europe puis en Amérique du Nord entre le 15e et le 18e siècle, et qu’il considérait comme exemplaire de la construction des « représentations réciproques
négatives » et de leurs effets sur la constitution des identités collectives. L’article met en relation, dans une étude historique très fouillée, la formation et l’évolution de la légende noire avec les cycles économiques, avec les vicissitudes de l’impérialisme espagnol, et avec les vicissitudes de l’intégration et du rejet des populations juives dans la péninsule ibérique.

Yacoub CHIHI, L’ENTREPRENEURIAT TUNISIEN ISSU DE L’ÉMIGRATION : CARACTÉRISTIQUES ET RESSOURCES

Penser et repenser le concept du capital social et ses acceptions nous a permis de mener une recherche de terrain sur les diverses ressources utilisées par un groupe d’émigrants de retour en Tunisie, lors de la création de leurs propres entreprises dans leur région d’origine. Dans une réflexion empirique axée sur les ressources de l’entrepreneuriat issu de l’émigration, le travail a montré l’importance de la convertibilité de l’expérience migratoire passée des entrepreneurs enquêtés en fonds monétaires et en connaissances et qualifications professionnelles. Il est apparu également au cours de cette recherche que les entrepreneurs enquêtés ont mobilisé des ressources se rapportant à l’Etat, aux banques et à leurs familles.

Bruno MALLARD, LA PAUVRETÉ DU DISCOURS INTERNATIONAL SUR LA « GRANDE PAUVRETÉ »

Le discours international sur la « grande pauvreté » ou « misère » témoigne souvent d’une méconnaissance des spécificités de l’expérience de vie des populations concernées. Produire un savoir plus adéquat implique la prise en compte de deux aspects essentiels. D’une part, pauvreté et misère méritent d’être distinguées, car elles
renvoient à des réalités de nature différente. D’autre part, elles doivent être interprétées comme des notions relatives, attendu que les phénomènes qu’elles désignent ne prennent leur véritable sens que replacés dans le contexte social où ceux-ci apparaissent. Ces considérations ont d’importantes conséquences épistémologiques : la recherche en sciences sociales est conviée à prendre de la distance vis-à-vis de ses concepts et catégories usuels pour s’ouvrir à une démarche plus interculturelle

 

 

 

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