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Des idées reçues au fonctionnement concret de l’économie informelle en Côte d’Ivoire

Dali Serge LIDA[1], Rusticot Soho De Bloganqueaux DROH[2], Youssouf  MEITE[3], Roch YAO GNABELI[4]

Introduction

Le secteur informel a fait l’objet de plusieurs études. La plupart de ces études ont décrit son mode de fonctionnement et son impact sur l’économie. Elles ont de façon volontaire ou non suggéré plusieurs idées qui constituent des matériaux idéologiques participant à la construction sociale de l’économie informelle. Ces idées n’ont pas bénéficié d’une abondante littérature. Au regard de leur importance dans la compréhension du fonctionnement du secteur informel, cet article a pour objectif d’analyser certaines d’entre elles et de montrer si elles sont opérantes ou pas dans le fonctionnement concret de l’économie informelle en Côte d’Ivoire. Bien avant d’exposer ces idées, il est important de préciser que l’étude s’appuie essentiellement sur des données secondaires de type qualitatif. Les données sont issues de la recherche documentaire et des travaux du Laboratoire de Sociologie Économique et d’Anthropologie des Appartenances Symboliques. Les travaux concernés ont été réalisés dans le cadre des recherches dudit laboratoire sur : a) les mécanismes sociaux d’insertion dans les activités économiques ; b) la construction sociale des monopoles dans le secteur informel ; c) l’influence de la crise sociopolitique sur les entreprises modernes.

Il s’est agi plus concrètement d’une analyse documentaire basée sur les contenus des mémoires, thèses et articles réalisés dans le cadre des projets ci-avant présentés. En effet, les données de cet article proviennent de deux thèses[5], sept mémoires[6] ainsi que onze  articles[7].

L’analyse de contenu thématique a été mobilisée pour séparer les textes à l’étude en unités significatives et articulables selon l’objectif visé par l’analyse. Ce procédé a permis de mettre en évidence deux séries de résultats : sur les idées reçues en rapport avec le secteur informel, et sur la place de ces idées dans le fonctionnement concret du cet espace social.

I-   Les idées reçues en rapport avec le secteur informel

Plusieurs idées reçues sont rattachées au secteur informel. Dans cette partie du travail, l’on présente les plus importantes et les plus partagées. A cet effet, la présentation de ces idées va se structurer autour des perceptions suivantes : a) le secteur informel, un secteur facile d’accès ; b) un secteur à supprimer ; c) le secteur informel, un lieu de refuge des personnes vulnérables ; d) le secteur informel, un secteur en marge des nouvelles technologies.

1- Le secteur informel, un secteur facile d’accès

La facilité d’accès au secteur informel constitue l’une des premières idées caractérisant cette réalité. Cette idée est souvent justifiée par des arguments qui présentent ce secteur comme étant non structuré, un lieu où l’exercice d’une activité ne requiert pas une formation d’un niveau élevée et où il n’est point besoin de capitaux de départ importants pour mener des activités (Fields, 1975, 1990 ; BIT, 1991).

Telle que décrite, la facilité d’accès au secteur informel suppose, en effet,  qu’aucune condition ni contrainte ne peuvent empêcher les acteurs de s’y insérer. Certains chercheurs vont jusqu’à le qualifient de secteur non structuré. Ce qui suppose qu’il n’est pas organisé, c’est-à-dire dire que son fonctionnement ne repose sur aucune action de coordination et d’interdépendance des activités. Cette situation est à la base de la conception de certains chercheurs qui pensent que les candidats à l’inscription dans ce secteur n’ont point besoin de compétences spécifiques pour s’y insérer. De cette manière, le secteur informel ne serait pas un pan d’activités où la formation constitue une ressource symbolique importante pour prospérer. Le niveau de formation ou de qualification ne constituerait donc  pas un avantage concurrentiel. Cela suppose que la formation ne se présente pas, dans le cadre du secteur informel comme une ressource stratégique dans la compétition entre acteurs du champ. Une « toute petite connaissance » de l’activité par le candidat permettrait ainsi d’être opérationnel dans ce secteur.   Dans le prolongement de cette idée reçue, des chercheurs avancent même que les acteurs n’ont pas besoin de mobiliser un important capital de départ pour intégrer le secteur informel. Il suffirait d’avoir une « petite somme » pour développer une activité informelle.

Le caractère ouvert et facile d’accès de ce secteur se fonde donc également sur le fait que les ressources financières ne constitueraient pas une barrière pour y accéder. On va jusqu’à postuler que quel que soit le niveau de capital économique à la disposition des acteurs, les candidats au secteur peuvent s’insérer sans autre forme de procès.

En somme, l’articulation des éléments ci-haut mentionnés présente le secteur informel comme un secteur facile d’accès, peu structuré dans  lequel l’opportunité est donnée à tous de s’insérer sans grande difficulté, un espace où règne l’anarchie ; qui ne ferait pas de la formation une exigence pour les candidats qui désirent y mener des activités ; ce serait un secteur pour lequel le capital financier de départ ne constituerait pas une contrainte car celui-ci serait minime par rapport à celui exigé dans le secteur formel et enfin, ce serait un secteur en marge des nouvelles technologies.

L’ensemble des idées reçues et mentionnées ci-dessus soulèvent des interrogations au regard des recherches, menées dans le cadre des activités du laboratoire de sociologie économique et d’anthropologie des appartenances symboliques, sur le secteur informel :

  • Comment se structure le secteur informel ?
  • Qu’en est-il de la ressource formation dans l’accès au secteur informel ?
  • Qu’en est-il du capital financier de départ dans le développement d’une activité informelle ?
  • Quel rapport le secteur informel entretient-il avec les nouvelles technologies ?

2- Monopole, formation et nature du capital de départ comme éléments de déconstruction de la facilité d’accès associée au secteur informel

Les études sur le secteur informel en Côte d’Ivoire montrent que contrairement aux idées reçues ce secteur est structuré. Cette situation est perceptible à travers le monopole créé par certains acteurs dudit secteur, une situation monopolistique dans laquelle l’importance de la formation et la nécessité de mobiliser un capital de départ se révèlent relativement conséquentes. En effet, face à la crise économique débutée depuis le début des années 1980, plusieurs jeunes Ivoiriens sans emploi (diplômés ou déscolarisés) ont tenté et continuent d’essayer de s’insérer dans le secteur informel. Cette entreprise reste vaine pour certains d’entre eux tandis que d’autres sont parvenus à s’y insérer, mais n’ont pas pu s’y maintenir. Cet état de fait est lié à la construction de monopoles dans plusieurs secteurs d’activités informelles. Ces monopoles se fondent sur des barrières idéologiques et la maitrise des réseaux d’approvisionnement.

De fait, dans ses travaux sur les stratégies d’insertion et de maintien dans les activités économiques informelles monopolisées, Lognon (2019), montre comment l’idéologie de la compétence participe à la construction du monopole des Nigériens dans la vente du garba. Dans cet ordre d’idées, il affirme que « la principale barrière idéologique à laquelle sont confrontés les « jeunes Ivoiriens » au cours du processus d’insertion concerne les imaginaires sociaux relatifs à la compétence. Ces imaginaires et les discours mobilisés par les vendeurs « ahoussa » et repris par la clientèle tendent à présenter les vendeurs « Nigériens » comme des « experts » détenteurs du savoir-faire culinaire en matière de préparation du garba ».  Il explique que cette compétence sociale idéologiquement produite est légitimée par la construction sociale de la genèse de l’activité. Selon cette histoire le mot « garba » est un patronyme de l’ethnie « ahoussa » du Niger. Cela serait le nom de la première personne à avoir fabriqué le garba. Dans l’imaginaire populaire, la maitrise du savoir-faire de l’ethnie ahoussa en matière de vente de garba serait ainsi liée à cette histoire.

En poursuivant, Lognon (2019) démontre que le monopole des ahoussa se situe également au niveau de l’encastrement social de l’approvisionnement en garba dans les réseaux sociaux. Ce qui constitue une barrière à l’entrée dans l’activité de vente de garba pour les autres groupes ethniques et particulièrement pour les jeunes Ivoiriens. Il le dit en ces termes : « La précarité de leur insertion dans cette activité économique est principalement due à la non maîtrise des réseaux d’approvisionnement. Dans cette activité, les vendeurs ahoussa s’approvisionnent en attiéké chez des productrices ébrié, en poisson thon au port d’Abidjan et en huile auprès de détaillants et semi-grossistes ». Dans le même ordre d’idées,  Donan Tcha et Lognon (2017) ont montré comment les boussanga (groupe ethnique burkinabé) monopolisent la vente du poisson thon.

Par ailleurs, Diby (2015) dans sa thèse sur la construction sociale du monopole dans la vente de bois débité à Abidjan a montré que cette activité n’est pas ouverte et n’est pas facilement accessible bien que se développant généralement dans le secteur informel. De fait, Diby fait remarquer que sur 560 Unités de Productions Informelles (U.P.I) recensées  dans  les communes de Koumassi, Abobo, Adjamé, Yopougon, 555, soit 95%,  appartiennent aux vendeurs « haoussa », contre 5% pour les autres nationalités (Maliens, Ivoiriens). En outre, sur 500 permis de résidus de scierie octroyés en 2012 sur toute l’étendue du territoire, 480 ont été octroyés aux vendeurs « haoussa » et 20 aux autres nationalités (DPIF). Enfin, au regard de la réglementation, l’exploitation du bois débité est une activité ouverte à toute catégorie sociale (genre, nationalité, etc.). Il n’existe donc pas de restriction sur la nationalité pour l’obtention de l’agrément. Toutefois, les revendeurs haoussas sont les seuls à détenir la totalité des agréments de vente de bois débité  des scieries situés dans les zones forestières (DPIF).

Outre les études ci-avant présentées, plusieurs autres travaux du laboratoire ont montré la manière dont le monopole est construit dans le secteur informel. Il s’agit de ceux de Blé Sogo (2008) qui montre comment le monopole est construit dans la vente de poulets à Bingerville, de Kra (2008) qui présente la construction du monopole dans les restaurations populaires à Abidjan et celle de Brou (2008) dont la particularité est d’analyser la construction du monopole dans la vente de bétail dans la commune de Port-Bouët (Abidjan). Des études comme celles de Goh (2008) et de Droh et Kouadio (2019) ont montré respectivement la construction du monopole des femmes Guéré au marché de « Gabriel-gare » dans la vente de viande de porc et celle des femmes malinké dans la vente de noix de coco.

La littérature (B.I.T, 2004; Jacquemot et Raffin, 1993, INS, 2008) lie également la facilité d’accès au secteur informel au fait que le capital de départ n’est pas important. C’est d’ailleurs, ce qui a poussé Lognon (2013) à affirmer que la principale caractéristique du capital financier dans le secteur informel, c’est sa relative faiblesse. Il le justifie avec un rapport de l’INS (2008) qui en prenant l’exemple d’Abidjan affirme que 92,4% des unités de production informelles ont un capital financier inférieur à 250 000 FCFA (INS, 2008).  Cela est certes avéré, toutefois, ce que l’on appelle ici capital financier de départ ne prend pas en compte certains coûts au départ de l’activité. En effet, certains acteurs du secteur informel s’obligent souvent à vendre à perte afin de construire petit à petit leur insertion dans ce secteur. Une situation généralement liée au fait qu’il y a des acteurs qui monopolisent l’activité avec des prix de marchandises déjà standardisés. Dès lors, comme stratégie, les acteurs entrants, acceptent de vendre leurs produits à des prix inférieurs à ceux du marché afin de ne pas être victimes du monopole et de la réputation bien établie du concurrent plus ancien sur le marché. Les analyses de Lognon (2019) font d’ailleurs cas d’un tel état de fait : « Au début, c’est très difficile. Tu acceptes de vendre à perte. Tu es obligé de faire le plat un peu volumineux pour attirer les clients. Un poisson qui coûte 200 Frs CFA tu le vends 150 Frs CFA. Et très souvent tu n’arrives pas à tout vendre au cours de la journée ».

Selon les idées reçues, la formation ne constitue pas une condition pour accéder au secteur informel.  C’est d’ailleurs l’une des raisons qui expliqueraient son ouverture et sa facilité d’accès. Or, ce qui précède montre que la formation est importante pour s’insérer dans le secteur informel. En effet, la compétence est une ressource stratégique pour mener une activité informelle. Par exemple, pour vendre le garba ou le bois il est nécessaire d’avoir le savoir-faire et maitriser les réseaux d’approvisionnement. La compétence pour mener ces activités se trouve dans la formation des acteurs. Généralement, le réseau ethnique est le cadre d’acquisition et de transmission de ces compétences. Sous ce rapport, pour avoir accès au secteur informel, il faut avoir certaines propriétés ethniques. Ce secteur n’est pas aussi ouvert et facile d’accès que l’affirment certains auteurs.

II- La suppression du secteur informel ou la production de la légitimation institutionnelle d’un type d’activités économiques

1- Le secteur informel, un secteur à supprimer

La suppression du secteur informel se présente comme une autre idée reçue qui structure l’action d’experts et animateurs des services publics. Cela est perceptible dans la manière dont est interprétée la politique de conversion de ce secteur à celui du secteur formel et aux justifications données par les agents de l’État quant aux actions de déguerpissement. En effet, depuis quelques années le BIT (2014) encourage la transition du secteur informel vers le secteur formel. Certains experts et dirigeants politiques ont tendance à y voir un moyen indirect de faire disparaitre ou de supprimer le secteur informel à long terme (BAD, 2016 ; Zriga et Tagro, 2016). Les idées avancées par les promoteurs de cette perspective se structurent autour de la modification de la nature des rapports au sein du secteur informel (Charmes, 1992 ; Cling, Lagrée, Razafindrakoto et Roubaud, 2012). Cette modification a pour repères les principes de fonctionnement du secteur formel. Cela signifierait qu’à terme il serait difficile de rencontrer le secteur informel dans la mesure où toutes les activités économiques seraient standardisées après la transition.

Certains gouvernements ont également une approche qui se fonde sur l’idée de la suppression du secteur informel (Aka et Touré, 2020 ; Tiepoho, 2018). Pour eux, le secteur informel est à la base du désordre en ville. Les acteurs de ce secteur mènent leurs activités en dehors des normes formelles. Ils s’installent dans les endroits frappés par une interdiction d’exercer des activités économiques. Pour lutter contre ces activités, des brigades spécialisées sont mises en place pour traquer ces « hors-la-loi ». Sous ce rapport, en Côte d’Ivoire plusieurs opérations ont été initiées pour lutter contre les activités menées dans l’anarchie (Bouquet et Kassi-Djodjo, 2014). L’objectif est de les supprimer, car l’une des façons de percevoir ce secteur est qu’il gêne le développement économique et social. L’idée de supprimer le secteur informel fait appel, en effet, à deux questions :

  • La transition vers le secteur formel débouchera-t-elle sur la suppression du secteur informel ?
  • Que cache l’idée de suppression du secteur informel ?

2-   Le secteur informel, un moyen de lutte contre les inégalités sociales

L’idée reçue qui présente le secteur informel comme un secteur à supprimer tente de masquer l’un des enjeux majeurs des politiques et actions visant à le réprimer. À cet effet, la question est de savoir s’il est possible de supprimer ce secteur. La réponse à cette interrogation est bien sûr non, et cela pour deux raisons. La première raison est que le secteur informel et le secteur formel sont deux faces d’une même réalité et la deuxième raison est relative au fait que le secteur informel aide l’État à lutter contre les inégalités. En effet, le secteur informel est très souvent défini comme un secteur où se mènent des activités non officielles et/ou des activités se développant en dehors des normes formelles. Cela signifie que rendre compte de ce secteur, c’est directement ou indirectement le mettre en rapport avec le secteur formel. Conséquemment, l’un ne peut pas exister sans l’autre (Droh, 2013). Sur cette base, les actions visant à supprimer  le secteur informel semblent vouées à l’échec par avance. Par exemple, imaginer l’économie ivoirienne sans le secteur informel reviendrait à l’affaiblir énormément dans la mesure où l’informel occupe plus de 90% de cette économie.

Outre cet état de fait, certaines pratiques sociales montrent que les deux secteurs sont intimement liés. Par exemple, les mairies mènent des actions pour traquer les entrepreneurs informels qui ne payent pas les taxes municipales. Leurs collègues qui s’acquittent de leurs « obligations fiscales » ne sont généralement pas inquiétés. Les propos d’un acteur du secteur informel révélés dans l’article de Droh (2013) traitant des problèmes de la définition dudit secteur illustrent ce qui précède : « Avant la mairie me fatiguait. Elle venait toujours ramasser mes marchandises. On m’a conseillé de payer des droits à la mairie. C’est ce que je fais. Je paye 5000 f cfa par mois et je suis tranquille ». La suppression du secteur informel n’est donc pas l’objectif des autorités municipales. Elles visent plutôt les ressources financières que peuvent générer les travailleurs dudit secteur.

La création de groupements professionnels de la Chambre Nationale de l’Artisanat de la Côte d’Ivoire montre également que les discours relatifs à la suppression du secteur informel sont en réalité impossibles à tenir. En effet, cette chambre a été mise en place dans le but d’assurer un dialogue entre l’État et le secteur informel. Le rôle d’intermédiation confié à cette structure montre bien l’intention des deux parties de ne pas voir disparaitre le secteur informel contrairement aux idées reçues. 

Par ailleurs, cette suppression semble difficilement tenable dans la mesure où le secteur informel joue un rôle essentiel : celui de la lutte contre les inégalités  (Zriga et Tagro, 2016 ;Tchan Bi, Adjéi et Droh, 2019). De fait, plusieurs acteurs qui ont des difficultés à s’insérer sur marché du travail formel arrivent à développer au moins une activité au niveau informel. Par le truchement de cette activité, ils ont accès à des ressources financières qui les aident à subvenir à leurs besoins. Le propos du président du groupement professionnel de la Chambre Nationale des Métiers à Abidjan mis en exergue dans l’article de Lognon (2013) sur la protection sociale et l’inclusion de l’informel en est une illustration : «Nous ici nous nous débrouillions, nous ne gagnons pas assez d’argent et c’est avec le peu d’argent que nous gagnons qu’on s’occupe de nos familles ».

De ce qui précède, on peut retenir qu’il est quasiment impossible de supprimer le secteur informel. Toutefois, on peut se demander ce que cache l’idée de la nécessité de supprimer ce secteur ?  L’idée de voir le secteur informel supprimé est issue de la construction sociale de la hiérarchie entre ce secteur et le secteur dit formel. Le secteur informel étant présenté comme étant non structuré donc caractérisé par le désordre. Il est par conséquent le contraire de l’autre. Cela traduit une idéologie en rapport avec le développement, celle de voir dans le secteur informel le lieu de la fabrication du retard en matière de développement économique et social des pays. Selon cette idéologie, pour voir un pays se développer, il serait important de « supprimer » ce secteur ou de travailler à sa transition vers le secteur formel.

III – Le secteur informel : entre vulnérabilité et protection sociale des travailleurs

1-      Le secteur informel, un lieu de refuge pour des personnes vulnérables

L’une des idées reçues en rapport avec le secteur informel est qu’il est un lieu où se retrouvent les personnes vulnérables afin de résister à la dureté de la vie (Banerjee et Duflo, 2012 ; Maloney, 2004). En effet, les enquêtes menées auprès des acteurs du secteur informel mettent en exergue la manière dont les acteurs qui y mènent leurs activités se construisent et la manière dont les structures d’appui construisent ces acteurs. Les deux catégories d’acteurs ont une même perception du travailleur du secteur informel. A l’occasion des entretiens[8]  avec ces dernières, les acteurs inscrits dans l’économie informelle font toujours savoir qu’ils sont dans ce secteur parce qu’ils n’ont pas suffisamment de moyens financiers pour développer une activité formelle. Ils ont besoin de l’aide de l’État et toute autre structure à même de les appuyer. Par conséquent, les acteurs inscrits dans le secteur informel insistent pour dire qu’ils mènent les activités dans ce secteur pour survivre. La phrase consacrée à cet effet est : « On se débrouille ». Cela signifie qu’ils se débrouillent pour se nourrir, se soigner, prendre soin de leurs familles respectives, aider les membres de leur communauté en difficulté, etc. Ils se construisent donc comme des personnes vulnérables. L’État, les structures d’appui et les institutions internationales les présentent également comme étant vulnérables. L’un des fondements de la politique de la transition du secteur informel vers le secteur formel se trouve, en effet, à ce niveau.

De fait, le secteur informel est caractérisé par le non-respect de certaines règles relatives aux droits du travail et du travailleur. Il s’agit du salaire minimum, de  l’assurance et du contrat d’apprentissage pour les apprentis, de la déclaration des travailleurs, du paiement des cotisations de sécurité sociale des travailleurs. Par conséquent, le travailleur du secteur informel est caractérisé par la vulnérabilité et sa transition vers le secteur formel a pour but de sortir les acteurs de la vulnérabilité (BAD, 2016).

2- Le secteur informel, un espace de dissimulation des statuts valorisants

Les acteurs du secteur informel sont généralement présentés comme des acteurs vulnérables. A rebours de cette idée reçue, les enquêtes effectuées auprès de ces derniers conduisent à nuancer cette perception. En effet, ce secteur est présenté comme un lieu où il est difficile de voir des acteurs financièrement riches. Tout est mis en œuvre pour faire croire que les acteurs qui y exercent sont des personnes marginales, vulnérables et pauvres. Un fait conduit, cependant, à remettre en cause cette perception. Il s’agit de la pluriactivité.

Comme l’a souligné Lognon (2010), en effet, l’entrepreneur informel opte généralement pour la pluriactivité en lieu et place du développement de son activité. Cette façon de faire peut faire croire que ces acteurs décident délibérément de se maintenir dans la précarité en dépit des possibilités qu’ils ont pour agrandir leurs entreprises et même les formaliser. La rationalité de cette démarche réside dans le fait qu’ils interprètent la pluriactivité comme la marque de la « bonne santé » de leurs activités. D’abord, c’est une question de perception. Pour ces acteurs, avoir plusieurs activités, c’est le signe de la prospérité et de la réussite dans les affaires. Ensuite, cela répond à une stratégie pour ne pas se rendre visible vis-à-vis des exigences des impôts. Enfin, l’une des conséquences de cette situation est de les voir comme des acteurs vulnérables pour l’État et certains spécialistes du secteur informel. Cela permet donc de masquer le caractère valorisant de leur statut. Plusieurs acteurs de ce secteur reconnaissent avoir une position sociale plus intéressante que ceux exerçant dans le secteur formel. C’est le cas des jeunes diplômés interrogés par Sokoto et Lognon (2018) dans le cadre de l’étude sur l’insertion des diplômés de l’enseignement supérieur dans le secteur informel à Abidjan. Certains d’entre eux affirmaient : « Nous-mêmes qui sommes ici, ce qu’on gagne dépasse même le salaire de beaucoup de fonctionnaires qui vont tous les jours au plateau[9] ».

IV- Le secteur informel : le paradoxe de l’existence de compétences en nouvelles technologies  

1-  Le secteur informel, un secteur en marge des nouvelles technologies ?

L’une des idées reçues en rapport avec le secteur informel est que les personnes qui y développent leurs activités n’ont pas les compétences pour utiliser les nouvelles technologies de l’information (Yassir, 2018).

En effet, l’usage des nouvelles technologies de l’information se fonde sur un présupposé majeur, à savoir qu’utiliser ces technologies requière la possession de formation et de compétence appropriées. Le secteur informel étant considéré comme un espace social animé par des personnes caractérisées par un déficit de formation, l’usage des nouvelles technologies semble y être quasiment impossible. Dans ce même ordre d’idées, les préjugés relatifs au niveau de technicité presque nul des entreprises du secteur informel constituent une autre preuve de l’absence de nouvelles technologies dans ledit secteur.

2- Le secteur informel : lieu de production et d’actualisation de nouvelles technologies

Contrairement aux idées reçues, le secteur informel est un espace de développement et d’usage des nouvelles technologies de l’information. Les enquêtes sur ce secteur[10] ont permis de faire le constat que plusieurs acteurs dudit secteur ont une maitrise des nouvelles technologies de l’information. De fait, la vente et la réparation d’ordinateurs, de téléphones et plusieurs autres équipements techniques sont effectués dans ce secteur. Des espaces dédiés à ces activités existent dans certaines communes d’Abidjan. Il s’agit particulièrement d’Adjamé, et de Treichville (Dissa, 2014 ; Diarrassouba, 2014). Dans ces communes, il existe des zones de recyclage et de vente de e-déchets. C’est d’ailleurs, ce que traduit le propos de ce vendeur rencontré dans la zone de Treichville lors d’une enquête sur les e-déchets  « il y a plusieurs types d’appareils usagés, il y a des déchets même, il y a des conteneurs de télé, tout ce qui est dedans ne marche pas » (Dissa, 2014).Comme il a été ci-avant souligné, la formation est incontournable pour exercer dans ces espaces. Le recyclage de matériel usagé nécessite des compétences en électronique, en maintenance informatique et globalement des compétences dans tous les domaines des NTIC.

Lors de cette même enquête, un technicien-revendeur de 42 ans a poussé la précision plus loin en ces termes : « D’abord moi j’ai commencé ma formation de réparation en 1995, j’ai commencé avec les Nigérians en 1995 qui étaient les premiers à modifier les THT (transistor à haute tension) en Côte d’Ivoire, je suis dans le métier, et comme je suis électronicien donc il y a un oncle qui m’a aidé, c’est de la réparation que je me suis lancé dans la vente. Bon de la réparation à la vente c’est pour agrandir un peu mon business, c’est pour gagner un peu plus voilà. Parce que j’ai déjà une connaissance plus approfondie des appareils quoi ».

Conclusion 

Plusieurs idées reçues sont rattachées au secteur informel. Il était donc question dans cet article de les mettre en évidence et de montrer comment certaines enquêtes de terrain ont contribué à les déconstruire. Sur cette base, la première idée reçue mise en exergue est celle qui présente le secteur informel comme un secteur facile d’accès. Le retour d’expérience relatif à ce secteur montre que cette facilité d’accès n’est qu’une vue d’esprit. L’accès à ce secteur n’est pas aussi aisé. Le monopole construit par certaines catégories sociales qui exercent dans ce secteur en est une illustration. N’accède donc pas à ce secteur qui veut, mais celui qui a en les propriétés et ressources sociales. En outre, il est impératif d’être formé pour y accéder au secteur informel, car la plupart des activités qui s’y exercent se fondent sur un savoir-faire. Dans cet article, la vente du garba a permis d’illustrer cette observation. Contrairement à ce qui est dit sur la nature du capital départ, il faut retenir que la valeur et la quantité de ce capital doivent être nuancées. Une façon de dire que le montant du capital de départ n’est pas toujours si faible que cela.

La deuxième idée reçue présente le secteur informel comme un secteur à supprimer.  Cette idée repose sur le fait que ce secteur est considéré comme un lieu d’expression de l’anarchie et du désordre. Sous ce rapport, sa suppression serait un gain pour l’État. La réalité du fonctionnement du secteur informel montre qu’il n’est pas possible de le supprimer. Car, au regard des travailleurs de ce secteur,  il joue un rôle important dans la lutte contre les inégalités sociales.

Concernant l’idée reçue qui fait apparaitre le secteur informel comme un lieu de refuge des personnes vulnérables et qui l’assimile globalement à la pauvreté, elle semble également difficilement tenable. Car, il est quasiment impossible de savoir que certains acteurs dudit secteur sont pauvres ou vulnérables. Les enquêtes sur ce secteur ont mis en évidence des entrepreneurs qui refusaient délibérément de développer leur activité afin de se rendre invisibles  par l’État ou précisément par les impôts. Ils préfèrent emprunter la voie de la pluriactivité.

Enfin, pour ce qui concerne l’idée reçue en rapport avec les nouvelles technologies de l’information, elle présente le secteur informel comme un secteur en marge de ces technologies. Cette idée est remise en cause par certaines réalités de ce secteur. En effet, ce secteur est l’un des lieux où l’usage et la maitrise des nouvelles technologies ne sont plus à démontrer. Il est un espace où les matériaux relevant ces technologies s’achètent, se vendent et se réparent. Pour preuve, le secteur informel est même le lieu de recyclage par excellence des e-déchets en Côte d’Ivoire.

Somme toute, les idées reçues en rapport avec le secteur informel existent. Elles participent globalement à orienter les actions des institutions vis-à-vis de ce secteur, à légitimer son existence, à consacrer la domination du secteur formel sur le secteur informel. Mais, dans le fonctionnement concret de l’économie informelle en Côte d’Ivoire, ces idées reçues se révèlent inopérantes. Sous ce rapport, la manière de percevoir le secteur informel doit tenir compte des dynamiques relationnelles en cours en son sein. Cette posture permettrait de présenter les secteurs formel et informel comme deux facettes de la même réalité sociale (l’économie). Cela aiderait à ne pas voir le secteur informel comme un secteur qui pose problème, mais un espace qui regorge de richesses qui peuvent aussi être mises au service du secteur formel.

Bibliographie

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Notes de bas de page

[1] Sociologue, Enseignant-Chercheur, Institut d’Ethno-Sociologie, Université Félix Houphouët Boigny, sergedali.lida@gmail.com

[2] Sociologue, Enseignant-Chercheur, Institut d’Ethno-Sociologie, Université Félix Houphouët Boigny, rusticot.droh@laasse-socio.org

[3] Sociologue, Enseignant-Chercheur, Institut d’Ethno-Sociologie, Université Félix Houphouët Boigny, meyouss@gmail.com

[4] Sociologue, Enseignant-Chercheur, Institut d’Ethno-Sociologie, Université Félix Houphouët Boigny, roch.gnabeli@lasse-socio.org

[5] LOGNON, J.L. (2010) ; DIBY P.A.T (2015)..

[6] DONA TCHA, Y.B. (2013) ; BLE SOGO, J. (2008); BROU, A., (2008). DIARRASSOUBA, A. (2014) ; DISSA, Y. (2014) ; GOH, O. (2008) ; KRA, E. (2008).

[7] DROH, D.B.S.R., (2013) ; LOGNON, J.L (2013) ; LOGNON, J.L. (2019) ; LOGNON J.L., ET YAO GNABELI, R. (2010) ; LIDA, D. S. ET DROH, D. B. S. R. (2010) ; DONAN TCHA, B.Y & LOGNON, J-L. S., (2017)., TAGRO, M.J., & LIDA, D.S. (2015). SOKOTO, T, S., ET LOGNON, JL.H.S. (2018) DROH, D.B.S.R., & KOUADIO, K. K. (2019) ; TCHAN BI, B. S., YAA KRA, M. L. A & DROH, B. S. R. (2019) ; ZRIGA, D., ET TAGRO,J. (2016).

[8] Lors des enquêtes sur le secteur informel menées par les chercheurs du Laboratoire de sociologie économique et d’Anthropologie des appartenances symboliques

[9] C’est la commune d’Abidjan qui abrite le centre des affaires.

[10] Lors des enquêtes sur le secteur informel menées par les chercheurs du Laboratoire de sociologie économique et d’Anthropologie des appartenances symboliques

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